Gianni Infantino, président de la FIFA depuis 2016, fait l'objet d'une enquête du Times de Londres publiée le 12 octobre 2026, qui affirme que l'instance aurait versé « des millions de dollars » en plus de son salaire officiel, sans les déclarer publiquement. Cette révélation intervient à trois jours du Conseil de la FIFA du 15 octobre et à quelques mois de l'élection prévue en 2027. Septembre 2026: la tension monte autour de la gouvernance de l'instance mondiale du football. Ce qui explique la tendance autour de son nom.
Le rapport annuel 2024 de la FIFA faisait état d'une rémunération de 5,12 millions de dollars pour son président, selon Sports Business Journal. En parallèle, la société chargée de l'organisation du Mondial 2026, FWC2026 US Inc., a déclaré 1,76 million de dollars versés à Gianni Infantino en 2024 dans une déclaration fiscale américaine. Il s'agit donc de deux rémunérations distinctes, l'une déclarée en Suisse, l'autre aux États-Unis. Le Times affirme que des sommes « similaires ou supérieures » auraient été versées en 2025 et 2026, information non confirmée à ce stade.
L'article 43, alinéa 13 des statuts de la FIFA impose la publication de la rémunération individuelle du président. Selon Tuttosport, l'ancien président du comité de gouvernance de la FIFA, Miguel Maduro, qualifie le défaut de publication de « violation claire des statuts » et réclame une enquête indépendante. La FIFA conteste cette lecture : un porte-parole déclare que la rémunération et les avantages sont fixés par la sous-commission compétente et communiqués aux autorités américaines. Il n'explique toutefois pas pourquoi ces montants n'apparaissent pas dans le rapport annuel, selon El Periódico.
Selon Tuttosport, une partie des fonds non déclarés aurait couvert le train de vie de Gianni Infantino à Miami. Il aurait vécu dans une villa de luxe achetée en 2023 par Eric Schmidt, ancien PDG de Google, pour 27 millions de dollars. Un porte-parole de Schmidt indique qu'Infantino a payé « un loyer au prix du marché pendant trois ans, mais n'y vit plus ». Cette précision du porte-parole suggère une location déclarée, sans trancher la question des montants évoqués par l'enquête.
Le Conseil de la FIFA se réunit à Zurich le 15 octobre 2026, trois jours après la publication de l'enquête du Times. Selon Sports Business Journal, la Fédération anglaise de football mènerait la contestation au sein de cette instance. Debbie Hewitt, présidente de la FA et vice-présidente de la FIFA, est attendue après avoir exigé par lettre tous les documents relatifs au projet abandonné de vente des droits du Mondial. Cette réunion s'annonce donc sous tension, avec un ordre du jour dominé par les questions de gouvernance et de transparence.
Debbie Hewitt a également demandé des explications sur la suspension du ban de Folarin Balogun, selon AOL. Cette double exigence — documents sur la vente des droits du Mondial et sur la suspension du joueur — place la vice-présidente de la FIFA en position de contradicteur direct du président. La Fédération anglaise, historiquement influente au sein de l'instance, mènerait ainsi la fronde contre Infantino. Aucun autre candidat ne serait attendu pour l'élection de 2027, ce qui renforce le poids de cette contestation interne.
Dans une lettre datée du 11 octobre 2026, Alexander Ceferin, président de l'UEFA, et Victor Montagliani, président de la Concacaf, réclament une redistribution financière aux fédérations. Selon Inside World Football, ils demandent 10 millions de dollars par fédération nationale, soit 211 bénéficiaires, 36 millions par confédération et 3 millions par union sous-régionale. Ces sommes seraient prélevées sur les réserves de la FIFA, estimées à environ 6 milliards de dollars. Le Mondial 2026 aurait généré plus de 15 milliards de dollars de revenus, ce qui alimente les revendications.
Ceferin et Montagliani inscrivent leur demande dans un contexte de revenus records liés au Mondial 2026, organisé en Amérique du Nord. Ils estiment que les fédérations nationales et les confédérations doivent bénéficier davantage des retombées financières de la compétition. Leur lettre, adressée à Infantino, réclame une répartition plus large des réserves accumulées par la FIFA. Cette pression financière s'ajoute aux critiques sur la gouvernance et la transparence, créant un faisceau de contestations simultanées. Le football mondial traverse donc une période de fortes turbulences institutionnelles.
Arsène Wenger, ancien entraîneur d'Arsenal et actuel responsable du développement du football à la FIFA, est cité comme challenger possible face à Gianni Infantino pour l'élection de mars 2027, selon BusinessDay. Sa position interne à l'organisation lui confère une légitimité particulière pour contester la présidence sortante. Aucune candidature officielle n'a toutefois été annoncée à ce stade. Cette rumeur s'inscrit dans un contexte où l'absence d'autre candidat déclaré est régulièrement évoquée.
Gianni Infantino est à la tête de la FIFA depuis 2016, après avoir succédé à Sepp Blatter. Il a été réélu sans opposition en 2019, puis en 2023, ce qui explique en partie l'attente d'une élection sans autre candidat en 2027. Son mandat a été marqué par l'expansion du Mondial à 48 équipes à partir de 2026 et par une forte croissance des revenus de l'instance. Ces éléments de contexte aident à comprendre l'ampleur des critiques actuelles, qui portent autant sur la gouvernance que sur la répartition des richesses générées.
Le Times, quotidien britannique, a publié son enquête le 12 octobre 2026, soit la veille de la lettre des confédérations et trois jours avant le Conseil de la FIFA. Cette chronologie resserrée explique la convergence des critiques en une même semaine. Les révélations sur les rémunérations non déclarées, la pression financière des confédérations et les exigences de la Fédération anglaise se cumulent. Chaque élément, pris isolément, aurait eu moins d'impact ; leur simultanéité crée une dynamique de contestation inédite depuis l'arrivée d'Infantino.
Sports Business Journal, Tuttosport, El Periódico, AOL, Inside World Football et BusinessDay ont tous relayé l'affaire, ce qui témoigne de sa portée internationale. Ces sources convergent sur les montants déclarés par FWC2026 US Inc. et sur l'existence d'un paiement non déclaré de 1,76 million de dollars en 2024. Elles divergent en revanche sur l'interprétation juridique : certaines évoquent une violation des statuts, d'autres soulignent la réponse de la FIFA. Le lecteur doit donc distinguer les faits chiffrés, largement repris, des qualifications juridiques, qui restent des allégations.
Il est essentiel de distinguer les faits établis des allégations. Les faits : un rapport annuel FIFA mentionnant 5,12 millions de dollars pour 2024, une déclaration fiscale américaine de 1,76 million de dollars, une villa louée à Miami. Les allégations : des versements « similaires ou supérieurs » en 2025 et 2026, une violation des statuts, un train de vie couvert par des fonds non déclarés. Ces dernières formulations proviennent du Times ou de Miguel Maduro et ne sont pas confirmées par la FIFA. Aucune enquête indépendante n'a encore été ouverte à ce stade.
Le principe en jeu est celui de la transparence dans la gouvernance sportive : les dirigeants des fédérations internationales sont soumis à des obligations de publication définies par leurs propres statuts. L'article 43, alinéa 13 de la FIFA illustre cette exigence en imposant la publication de la rémunération individuelle du président. La question posée est donc de savoir si des versements effectués par une structure distincte, comme FWC2026 US Inc., doivent ou non être inclus dans cette publication. Cette zone grise entre plusieurs entités juridiques est au cœur du débat actuel.
FWC2026 US Inc. est la société américaine chargée de l'organisation du Mondial 2026, compétition co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. En tant qu'entité de droit américain, elle dépose des déclarations fiscales auprès de l'IRS, l'administration fiscale des États-Unis. C'est dans ces documents qu'apparaît le versement de 1,76 million de dollars à Gianni Infantino pour 2024. Ce point est central : les informations contestées proviennent d'une entité distincte de la FIFA elle-même, ce qui complique la vérification et la responsabilité.
La FIFA affirme, par la voix d'un porte-parole cité par El Periódico, que la rémunération et les avantages sont déterminés par la sous-commission compétente et communiqués aux autorités américaines. Elle ne conteste pas explicitement l'existence du paiement de 1,76 million de dollars révélé par les déclarations fiscales. En revanche, elle n'explique pas pourquoi ce montant n'apparaît pas dans le rapport annuel de l'instance. Cette réponse, qui invoque la conformité fiscale sans répondre à la question de la transparence, est au cœur des critiques qui lui sont adressées.
L'affaire pourrait avoir des conséquences sur l'élection de mars 2027. Aucun candidat autre qu'Infantino n'est officiellement attendu, selon Sports Business Journal, mais la pression des confédérations et de la Fédération anglaise pourrait modifier la donne. Si la contestation s'amplifie au sein du Conseil du 15 octobre, une candidature alternative pourrait émerger, à l'image de la rumeur Wenger. Il est toutefois trop tôt pour anticiper un scénario précis : à ce stade, Infantino reste le seul candidat attendu.
Ces révélations s'inscrivent dans une série d'affaires ayant touché la FIFA par le passé, notamment le scandale de corruption de 2015 qui avait conduit à la démission de Sepp Blatter. L'épisode actuel porte sur des montants bien inférieurs, mais il touche directement le président en exercice et la transparence financière de l'instance. Il s'en distingue aussi par son timing : il éclate à quelques mois d'une élection et à trois jours d'un Conseil. La comparaison aide à mesurer la gravité perçue, sans préjuger de l'issue.
Pour suivre le dossier, trois rendez-vous sont à retenir : le Conseil de la FIFA du 15 octobre 2026 à Zurich, où la Fédération anglaise devrait exiger la publication des documents, l'éventuelle ouverture d'une enquête indépendante réclamée par Miguel Maduro, et l'élection de mars 2027. Les prochains éléments pourraient venir des déclarations fiscales américaines de FWC2026 US Inc. pour 2025 et 2026, si elles sont rendues publiques. En l'absence de ces documents, les allégations concernant ces années resteront non vérifiées.
La tendance autour du nom de Gianni Infantino s'explique donc par la conjonction de trois éléments : une enquête du Times sur des paiements non déclarés, une villa louée à Miami chez Eric Schmidt, et un Conseil de la FIFA du 15 octobre 2026 attendu comme hostile. S'y ajoutent la pression financière de l'UEFA et de la Concacaf et la rumeur d'une candidature d'Arsène Wenger pour 2027. Les faits chiffrés sont documentés, mais les qualifications juridiques et les projections politiques restent des hypothèses. La suite dépendra des documents et des décisions à venir.